Actualités, Dubaï

SEMAINES 7# ET 8# // HYMNE À UNE VILLE COSMOPOLITE

6 juillet 2017

C’est le cœur serré et à 300 à l’heure que nous achevons cette étape à Dubaï. Le cœur serré car parties avec une innocence des plus pures, nous repartons étourdies par l’énergie, la pluralité et le potentiel de cette perle du désert qu’est les Émirats ; à 300 à l’heure car 1 mois de plus n’aurait pas été de trop pour finir de visiter en détail les coins et recoins de l’architecture moderne de Dubaï. Faute de temps il nous a fallu courir et être concises.

Aussi nous avons ces deux dernières semaines enchainé les visites de bâtiments bien ciblés, filmé des ambiances de quartiers, inspecté un chantier, traversé le désert, recueilli les impressions de deux citoyens et interviewé un architecte et un CEO. Rien que ça ! Aussi nous aurions pu vous faire un compte rendu de l’avancement du chantier de la future plus haute structure au monde, ou vous parler d’avantage de Rowen et Tiziano nos deux prochains CITIZEN, ou encore vous raconter notre formidable rencontre avec le grand architecte de Dubaï : Brian Johnson de l’agence GAJ et le CEO du Dubaï Creek Golf Club. Pourtant, nous n’aborderons rien de tout ça dans ce dernier article sur les Émirats. Nous tenions plutôt à vous parler d’une composante essentielle, ci ce n’est la plus influente, qui a fait la ville ici et dont nous avons vraiment pris conscience qu’une fois sur place : la diversité culturelle. Saviez vous que, d’après le rapport de 2015 sur l’immigration dans le monde, Dubaï est la ville la plus cosmopolite au monde ?

Quand on nous demande quel est le plat traditionnel des Émirats, la réponse se fait attendre. Tout simplement car il n’y en a pas vraiment. Le chicken madrooba ? Le lamb machboos ? ou le chicken biryani, le tabouleh et le umm ali ? car si les deux premiers contrairement aux autres sont originaires du Golfe, ce sont bien les 3 derniers qu’on retrouve plus communément dans les restaurants à Dubaï et qui sont de surcroit plus consommés. Pourtant le premier vient d’Inde, le second du Liban et le troisième d’Égypte. Ainsi plus nous expérimentions les différentes cuisines “locales”, plus nous avions l’impression de comprendre la construction de la ville. Les Émiratis à Dubaï ne représentent que 16% de la population, les 84 autres % étant des expatriés dont les 3/4 sont originaires d’Asie et dont la moitié sont des Indiens. Une immigration qui a façonné jusqu’aux agencements et styles architecturaux un désert en manque cruel de contexte.

De vague d’immigration en vague d’immigration, de culture en culture, de quartier en quartier, la ville s’est donc bâtie. Du cœur ancien de la ville sur les bord du Creek jusqu’aux gratte-ciel de la Marina, les communautés s’égrainent par quartier le long de la côte entre le rivage et l’artère principale de Sheikh Zayed Road. Aussi on a trouvé amusant de faire un parallèle entre les plats et boissons que nous avons découvert et les styles architecturaux et quartiers éclectiques de la ville. Ainsi à Bur Dubai et Dera résident les populations installées depuis toujours à Dubaï (“toujours” remontant à plus de 30 ans). On y mange indien, libanais, iranien etc. en somme toutes cuisines du Moyen-Orient et de l’Inde. En parallèle c’est là qu’on retrouve le quartier historique d’Al Fahidi construit par des immigrés iraniens ayant importé la tour à vent et la majorité des souks, ancien mall du Moyen-Orient. Non loin de là, on s’engouffre dans la Hindi Lane, seule rue accueillant un temple hindou à Dubaï, et la culture indienne s’offre à nous.

Bur Dubaï se prolonge avec le quartier de Karama qui vous projette directement en Inde et au Pakistan. Le long des artères, la ville se compose désormais d’îlots bien alignés regroupant des bâtiments modernes de 3 à 5 étages logeant des commerces en RDC et des logements aux étages supérieurs. La nuit, le quartier s’anime et se colore des néons pimpants qui proposent toutes sortes de biens et services à des prix dérisoires. On flâne et se restaure dans de succulents restaurants végétariens du Kerala et des bakeries libanaises.

Si on continue à glisser vers le sud-ouest, on finit par arriver au World Trade Center et à emprunter Sheikh Zayed Road (SZR). Un tout nouvel urbanisme marquant la modernité post-découverte du pétrole et la création des EAU s’élève sous nos yeux. Tout de verre et d’acier, les gratte-ciel s’alignent strictement le long de l’autoroute à 2X6 voies rivalisant de styles et de couronnements. À leur pied, du côté de la mer, contraste le quartier d’Al Satwa avec ses maisons en RDC et ses parkings de sable. Un abaissement comme nécessaire pour mieux apprécier l’éminence de l’allée royale de buildings de SZR. Ainsi, à l’image de la ville, cohabitent deux mondes : l’un où l’on mange des sushis en buvant des cocktails hors de prix sur le rooftop d’une tour, l’autre où l’on chine des valises à 60 dirhams dans de petites boutiques avant de manger épicé à l’indien-pakistanais du coin.

Passé Al Satwa, les habitations et commerces se dissocient et plus on avance vers la Burj Al Arab et les constructions touristiques qui s’en suivent plus les logements deviennent individuels et luxueux. Ici s’étendent Jumeirah puis Umm Suqueim, deux quartiers résidentiels où les commerces et services se concentrent le long de Jumeirah Beach Street et Al Wasl. Il est facile de s’y perdre en voiture une fois rentré dans le labyrinthe des lotissements aux villas et palais plus colossaux les uns que les autres. Le nombre impressionnant de mosquées au km2 nous laisse entendre qu’une importante population d’Émiratis et de riches expatriés musulmans vivent ici côtoyant des populations minoritaires d’Occidentaux et d’Indiens tout aussi fortunées.

Au delà de la Burj Al Arab et de Madinat Jumeirah s’étend le nouveau Dubaï, celui du 21ème siècle encore juvénile, provocateur et flottant, où les programmes immobiliers poussent comme des champignons proposant des thèmes de plus en plus codés. Les terrains et plages gagnés sur la mer de la Palm Jumeirah offrent l’accession à la propriété aux non Émiratis, pendant que le Battuta Mall nous rappelle “subtilement” que Dubaï est un Eldorado mondial dont le Mall est l’emblème, ville artificielle de surcroit.

Nous quittons les Émirats sur un air festif : c’est la fête de l’Aïd El Fitr célébrant la fin du Ramadan ! Nous souhaitions clôturer ce beau voyage en vous partageant notre panorama préféré de Dubaï sur les rives du canal le long de Safa Park. Un brin nostalgiques, une nouvelle page se tourne…

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