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PREMIÈRE BALADE URBAINE – Sur les traces du patrimoine XXème Marseillais

21 avril 2017

Bibliothèque universitaire Marseille Saint-Charles / F. Pouillon & R. Egger / 1958

A l’issu de la conférence du jeudi 16 Mars à l’ENSA Marseille, nous avions invité les étudiants à participer à une balade urbaine au cœur de Marseille le samedi suivant.

L’idée de la balade est de parcourir la ville à la rencontre d’architectures emblématiques du XXème siècle. Suivant un parcours ponctué préparé par nos soins, les étudiants découvrent ou redécouvrent des exemples concrets de l’héritage de la Cité phocéenne et leurs enjeux dans la ville d’aujourd’hui. A l’image de la pluralité de la production récente, un choix éclectique de bâtiments a été opéré : certains sont classés aux Monuments Historiques, d’autres portent le label XXème, et d’autres ne font l’objet d’aucune nomination.

La balade est un excellent moyen de partager à un public large une vision urbaine et conceptuelle de l’architecture. L’atout de ce type de médiation est l’expérimentation du bâtiment dans la ville. Après un topo historique, le visiteur peut se confronter directement au bâtiment, le tester et se faire son propre avis.

Le public, restreint à un petit groupe de 10 à 20 personnes, est d’abord amené à contextualiser chaque construction en étudiant sa place et son rapport à la ville, à ses environs proches. Si cela est possible, il est ensuite invité à parcourir l’intérieur du bâtiment, pouvant ainsi expérimenter les différents espaces (hall d’accueil, logements, bureaux, commerces etc.), les circulations, les systèmes d’éclairage, et comprendre leurs articulations et la logique d’ensemble du bâti. Enfin les matériaux, les systèmes constructifs et leurs évolutions dans le temps sont mis à nus sous nos yeux et sont des détails qui ne peuvent être appréciés qu’en vrai.

A Marseille, le centre historique comporte de nombreuses constructions XXème, accueillant notamment après guerre plusieurs grands programmes de relogement. Notre parcours, suivant involontairement une temporalité plus ou moins croissante, commence par un bâtiment symbolique : l’Opéra de Marseille. Avec l’Opéra de Mexico, ils sont les deux seuls opéras de style Art Déco au monde. Une particularité rare qui lui a valut son inscription aux monuments historiques.

Vue de l’Opéra depuis la rue Molière / H. Ebrard – G. Castel & G. Raymond / 1787-1921 – Centre téléphonique / E. Chirié / Lully 1952

Intérieur de l’ancienne Compagnie Algérienne de Banque / H. Ebrard / 1919

Vient ensuite non loin de là l’ancien centre téléphonique de la rue Lully puis deux anciennes banques internationales du début du siècle converties en magasins de vêtements. Leurs architectures travaillées et imposantes témoignent d’un tout autre passé de la finance. En continuant sur la Canebière et le cours Belsunce ce sont deux programmes de logements construits à 8ans d’intervalle qui se succèdent : le célèbre Building de Fernand Pouillon et les très controversées Tours Labourdette. Les habitants du premier nous ont ouvert leurs portes nous permettant de comprendre l’agencement initial et aujourd’hui réaménagé des logements, d’en apprécier la vue et de connaître quelques anecdotes. La balade urbaine c’est aussi des rencontres inattendues et de belles surprises !

Façade sur la Canebière du Building / F. Pouillon et autres / 1952

Logements en gradin du Building avec en arrière plan une des tours de logements

Notre chemin se prolonge en direction du 3ème arrondissement, s’arrêtant sur plusieurs opérations publiques s’essayant à la réhabilitation pour la faculté d’économie, ou à la rénovation pour les bureaux de l’hôtel de la région. On admire l’architecture art déco de la bourse du travail avant de se voir refuser l’entrée (fermeture imminente) de la bibliothèque universitaire dessinée par Fernand Pouillon en 1958.

La bourse du travail Bourse du travail / E. Senès / 1936 – Un des tours Labourdette / R. Boileau & J. Henri-Labourdette / 1960

Les programmes qui suivent sont assez éclectiques tant dans leurs styles que dans leurs évolutions dans le temps. L’immeuble Le Marceau témoigne de l’avancée du secteur résidentiel sur l’industrie. Construit dans les années 60 et très bien conservé, il parade dignement au milieu des logements XXIème qui ont tristement perdu en qualité, en ouverture et en espace.

L’immeuble de logements Le Marceau / C. Gros / 1964

L’excellente reconversion de l’usine de l’îlot M5 en logements révèle un certain respect du passé industriel du quartier tout en détail et finesse. Enfin les dernières opérations sont pour certaines attribuées à Gaston Castel célèbre architecte art nouveau de la ville. L’ancien siège de la compagnie générale transatlantique en fait partie et clôture cette balade en questionnant les limites de la réhabilitation au profit de l’investissement financier.

Perspective depuis la rue Mazenod avec en fond la cathédrale de la Major (XIXème) et à droite la façade de l’ancien immeuble de la Compagnie Transatlantique / G. Castel /  1925

En somme une belle première expérience de balade urbaine avec un bon petit groupe de 12 personnes. Des étudiants mais aussi une personne travaillant dans le tourisme qui démontre que ce type de médiation est accessible à tous. Cela nous encourage à renouveler l’évènement à notre retour de deuxième étape probablement à Bordeaux cette fois-ci et ouvert à tous. Rendez-vous aux journées européennes du patrimoine !

Photo de groupe devant l’Opéra de Marseille.

Pour aller plus loin : Architectures à Marseille 1900-2013 – Thierry Durousseau

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