Actualités, Dubaï

SEMAINE 2# // PREMIERS PAS DANS L’ÉMIRAT D’ABU DHABI

10 mai 2017

Aux États-Unis, Alex et Jenny chez qui nous logions à Détroit en Airbnb, nous ont familiarisé avec le système d’échange de service Workaway. Ayant un budget limité pour cette deuxième étape, nous avons choisi cette option pour économiser le coup du logement à Dubaï et Hong Kong. Nous passerons donc tout le mois de Mai au sein d’une famille habitant à la frontière entre les émirats de Dubaï et Abu Dhabi. Joanne, Samir et leurs 4 enfants se sont installés il y a 8ans aux EAU et vivent depuis quelques années maintenant dans une “gated community” appelée Al Ghadeer en plein milieu du désert.
Réalisée à seulement 10% du projet immobilier initial, il est cependant déjà très facile de se sentir immergé dans une ville une fois à l’intérieur de la communauté. Les commerces et services (épicerie, café, salles de sport, piscines, terrain de tennis, jardin d’enfant etc.) offrent activités et facilités dans un cadre idyllique, verdoyant et très bien entretenu de tel manière que vous ne ressentez pas le besoin d’en sortir. Le seul risque est d’ailleurs de ne jamais en partir ! Il manque cependant un esprit de quartier qui est essentiel au concept de la communauté. La population, exclusivement composée d’expatriés, semble ne pas trop chercher à établir des liens solides et à faire vivre les rues du fait qu’ils ne s’installent pas ici durablement. Un parfum de vacances se ferait presque sentir au bord de la piscine et ce n’est qu’une fois à l’orée du “village” qu’on revient à la réalité : nous sommes en plein milieu du désert.

J+6_____ Avant de rejoindre notre famille d’accueil logeant à la frontière entre Dubaï et Abu Dhabi, nous profitons de notre situation centrale pour faire un tour dans l’un des premiers grand parc de la ville : Safa Park.

Construit en 1975 sur le site d’un ancien bidonville clandestin, il se trouvait à l’époque en périphérie de la ville à 10km du centre historique. Destiné à être l’échappée du week-end pour les Dubaïotes, il remplit son rôle pendant 9 ans avant d’être agrandi et équipé de jeux et services suivant deux plans de réaménagements successifs en 1984 et 1989. Le style architectural des quelques bâtiments qui ponctuent le parc (porche d’entrée, café, restaurants) témoignent de cette époque, allant de formes organiques à une géométrie moderne en passant par l’utilisation du béton paré de couleurs pastels ou blanches.

Lieux prisé durant les années qui suivirent la fin des travaux en 1992 : barbecues à disposition, jeux de ballons sur les larges pelouse recouvrant 80% du parc, pic nique sous les palmiers dattiers, il voit la ville se construire et l’encercler de toutes parts. Safa Park se trouve aujourd’hui au centre de la ville et en subit les conséquences. Atrophié de la moitié de sa superficie pour faire passer un grand canal destiné à immerger la très récente Business Bay, il revit une longue période de travaux ces dernières années et perd à la fois de son charme et de sa popularité. Ré-ouvert il y a peu, toujours aussi fleuri malgré les 40°C et soigneusement entretenu, les gens ne s’y pressent pourtant plus. Ne sont-ils pas informés? Ou le Safa Park aurait-il fait son temps? A Dubaï, comme à l’image de la mode, les goûts pour les attractions changent très vite, et même la ville à l’échelle urbaine en paye le prix.

 

J+10______ Incontournable, bijou ultime du Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyane, dès notre première semaine dans l’émirat d’Abu Dhabi la Grande Mosquée nous livre ses trésors.

Visible à des kilomètres, son positionnement à l’entrée de la ville est évidemment stratégique. Destiné à être le joyau des Émirats Arabes Unis, elle est devenu en moins de 10ans le symbole national et un culte de l’ouverture de l’Islam au monde. En effet, la Grande Mosquée est une des rares visitables dans le pays du moment que vous revêtissiez l’Abaya traditionnelle ou vous couvrez très convenablement.   

Construite en 12ans de 1995 à son ouverture en 2007 à l’occasion de la grande prière, la structure de la mosquée repose sur 6000 piliers d’acier plongeant à 27m de profondeur. Abu Dhabi est une succession d’îles sablonneuses qui rendent systématiquement la réalisation des fondations délicate. Son ossature d’acier et de béton est entièrement recouverte de marbre blanc (coloré pour les décors) soit 120 000m2 de panneaux. Son éclat et son élégance dessinent des ombres nettes aux angles et des reflets lumineux sur le sol. L’architecture est à l’image souhaité par le Sheikh : un mélange de modernité et de tradition. Les formes purs du lieu de culte qui se découpent nettement sur le bleu du ciel, contrastent avec son intérieur très travaillé et ornementé, aillant fait appel aux matériaux et savoir-faire artisanaux du monde entier.

Son organisation, ses 82 dômes, ses 1000 colonnes et ses arches, reflètent le style traditionnel de l’architecture islamique dans une simplicité très moderne. A l’intérieur l’or domine, recouvrant des lustres de 24 carats, ré-haussant les chapiteaux des colonnes et soulignant la base des dômes en écriture arabe graphique. Le tapis de la salle de prière est le plus grand tissé au monde et fut monté en 9 pièces par un artiste Iranien. Quand au lustre central illuminant le dôme principal de 85m de haut et environ 30m de diamètre, il est l’un des plus large au monde, importé d’Allemagne et possède en son centre un escalier permettant l’entretien de ses diodes électroluminescentes.

Nous nous éloignons lentement au son des imams qui lisent le Coran H24, encore éblouies par la beauté de la mosquée qui en plus d’être un nouveau symbole de l’architecture récente des Émirats, démontre bien que modernité et tradition peuvent donner un beau mariage.

J+2______Petit tour du coté d’Abu Dhabi aujourd’hui plus précisément sur l’île principale sachant que la capitale des Émirats en compte plus de 200. Émirats le plus riche en pétrole, 80% de sont PIB provient de cette ressource. Dès sa découverte dans les années 60 et après que les Émirs ai créé la fédération des Émirats Arabes Unis en 1971, la ville s’est considérablement développée.

Nous arrivons par l’île de Saadiyat Island où nous apercevons au loin les grands travaux des futurs musées aux renommées mondiales tel le Louvre de J.Nouvel ou le Guggenheim de F.Gehry. Nous entrons ensuite dans le Zayed Port où un ancien entrepôt se démarque parmi tant d’autres anonymes. La Warehouse 421, ouvert il y a à peine 2ans, ambitionne d’être le catalyseur d’un nouveau quartier culturel. La fondation Salma bint Hamdan Al Nahyan a fait appel à l’agence Danoise BIG pour démocratiser l’art et marquer le coup. En résulte une reconversion intéressante reposant sur un jeu de patios pour éclairer indirectement les œuvres, une conservation de la structure métallique antérieur et des réseaux mis à nu jouant avec la structure filaire de l’exposition en cours. L’exposition : “Lest we forget”, donne une perception de ce que les émiraties considère comme leur héritage : parfum, perles, henné, burqa, khôl, dagues, bijoux etc. Cependant, comme il ne représentent que 16% de la population de nos jours et vivent très aisément, difficile de le percevoir au quotidien dans la ville.

Après un tour par le fish market dont les effluves imprègnent le port entier, nous faisons une halte au Heritage Village dont on nous a dit tant de mal. Une reconstitution grossière bafouant l’art constructif des peuples de pécheurs et nomades du désert d’autrefois. Ce “village”, vitrine d’impostures, ne leur rend malheureusement pas hommage. Rien n’est lié, les explications sont simplistes, l’atmosphère trop touristique. Le seul atout est son emplacement idéal sur la plage offrant un panorama splendide de la ville XXème : soit rien à voir avec l’historicité du village… La flore luxuriante adoucit un temps soit peu la “carte postale”. Une preuve encore une fois que le pays est en contradiction avec les valeurs qu’il souhaiterai accorder à son patrimoine et l’intérêt réel qu’il y porte.

Pour finir la journée direction l’Emirates Palace pour une dernière visite luxueuse histoire d’avoir des étoiles dans les yeux avant de rentrer. 7 étoiles c’est justement le classement que s’est autoproclamé cet hôtel aux aires de palais ocre du désert rouge. A l’intérieur tout n’est qu’or, marbre et volutes dans un style oscillant entre art nouveau et art déco. Le gouvernement, souhaitant transmettre à travers ce bâtiment la splendeur de la culture arabe, a investi pas moins de 3 milliard de dollars pour relever le défi. 2ème hôtel le plus couteux jamais construit au monde, il garde pourtant la modestie de laisser rentrer nombres de visiteurs qu’ils soient invités à des évènements (l’hôtel possède plusieurs salles de conférences et un auditorium) ou en possession du mot de passe “nous venons pour aller au restaurant/café”. A bon entendeur. 😉

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SEMAINE 1# // BIENVENUE A DUBAÏ

2 mai 2017

J+1____ BIENVENUE A DUBAÏ !

La ville de la démesure immobilière et financière sera notre terrain d’investigation pour les deux prochains mois. Mieux préparées et mieux armées en matériel que lors de notre étape aux US (téléphone tout neuf) les photos et Posts seront plus fréquents. Nous espérons ainsi vous embarquer au plus près de nous dans cette deuxième et ultime aventure.

24 avril 2017 – L’équipe prête à décoller pour Dubaï à l’aéroport CDG de Paris

 

 

 

 

 

 

J+1______ On commence aujourd’hui avec une visite du coté de Jumeirah 1. Typique des sanctuaires chiites persans, la Mosquée Iranienne se démarque des 700 mosquées de Dubaï de par ses détails en brique et céramique vert et bleu d’une finesse inégalée.

Un peu plus loin, la Jumeirah Mosquée illumine et rehausse à elle seule la sobriété du quartier. Élevée en 1975, ses dimensions de taille lui permettent d’accueillir plus de 1000 fidèles.

Après un petit tour par la plage d’open beach on finit la journée par une traversée du quartier d’Al Satwa très animé aux abords et où sont concentrées en son sein des habitations d’ouvriers étrangers notamment pakistanais. La simplicité des modestes bâtisses en RDC contraste avec la vague de gratte-ciel de Sheikh Zayed Road. Disséminées au milieu d’immenses parking où stationnent bus scolaires et bus d’ouvriers, quelques toits comptent des rêveurs allongés et engourdis, le regard perdus dans les tours de bureaux. A quoi songent-t-ils ? La nuit a gagné Dubaï il est temps de rentrer.

J+2______ Pour nos premiers pas dans la ville de Dubaï nous séjournons dans le quartier indien de Kamara non loin de Al Bastakiya, Bur Dubai et Deira que nous parcourons aujourd’hui. Dans les quartiers Est de la ville les cultures se mélangent et cela se ressent autant dans la cuisine que dans l’architecture. Plats indiens, iraniens, indonésiens ou japonais étonnent nos papilles et ils et parfois difficile à Dubaï d’identifier un style architectural tellement les symboles se superposent.

Situé au bord du Creek, Al Bastakiya est le cœur historique de la cité, bâti fin 19ème par des marchands perses venus d’Iran. Conservé en tant que tel et bien que figé dans une langueur hôtelière et commerçante, il témoigne d’une architecture ancienne du désert tout en sable, corail et mortier, surmontée des emblématiques tours à vent. Les intérieurs discrets ne sont que quiétude.

Sortant de cette enclave dans la ville 20ème où le temps semble s’être arrêté, nous traversons Bur Dubai, ses rues animées de boutiques de vêtements d’Orient et de bijoux. Pour traverser le Creek nous empruntons un abra pour 1 modeste dirham et longeons d’imposants boutres colorés (bateau traditionnel) A notre arrivée, les souks aux épices et bien plus encore n’attendent que nous. Inévitablement et joyeusement nous nous y perdons.

Bien que nous l’ayons trouvé dans ce dédale, l’Al Ahmadiya School, la première école publique construite à Dubaï en 1912, n’a pu nous ouvrir ses portes pour cause de travaux. Même constat pour l’Heritage Village de Shindagha. Bien que ce soit signe d’une considération et valorisation par la ville de son héritage, de notre coté on se confronte déjà au fameux mythe de la ville en perpétuelle construction.

J+3______ Nous quittons les rues animées aux néons colorés de Karama pour Jumeirah 3, quartier résidence paisible et cossu se donnant des airs de Venice Beach. Les façades blanches immaculées des grandes villas se parent de vitrage réfléchissant pour se protéger de la chaleur. Elles contrastent avec les larges pelouses verdoyantes bordées de palmiers dattier pour les plus riches. Il fait 38°C, autour tout n’est que désert… normal.

Nous nous arrêtons en chemin vers la côte au Majlis Ghorfat Umm-Al-Sheif. Construit en 1955 au milieu d’un modeste quartier de pêcheurs disséminé au milieu des palmiers, la résidence secondaire du Sheikh Rashid bin Saeed Al Makhtoum a accueilli le Sheikh durant plusieurs étés, reçu d’importants conseils avant d’héberger un poste de police dans les années 60. Prise en considération dans le nouveau plan d’urbanisme des années 70-80 elle fut conservée et un décor intérieur d’époque a été recréé.

Long de 14,90m par 7,70m, bâtie traditionnellement en bois, corail et gypse elle est orientée favorablement au vent prodiguant une excellente ventilation sous les arcades en RDC et aux travers des nombreuses portes et ouvertures à l’étage. Les visiteurs ne s’y pressent pas, pourtant, l’élégant bâtiment donne à voir et est très agréable à vivre.

Nous atteignons la côte et apercevons au loin notre but du jour : la Burj Al Arab. Il nous faudra 6km de marche le long des plages publiques de Jumeirah et d’Umm Suqeim Beach, prisées des expats’, pour l’atteindre. Sous 38°C un vrai challenge ! Au début des années 90, Dubaï en pleine expansion se cherche un symbole. Quoi de plus emblématique qu’un hôtel autoproclamé 7 étoiles dans la ville de l’immobilier et du tourisme de luxe. Dessinant un voile de boutre gonflée, elle émerge d’une île entièrement artificielle, orientée de telle manière que la tour n’ombrage pas la plage. Elle fait face au Jumeirah Beach Hotel anciennement Chicago Beach Hotel précurseur de sa catégorie bâti en 1977 qui fut démoli pour laisser place à un nouveau standing plus moderne, vitré, ondulant à l’approche de la “boutre du Burj Al Arab”. Malgré une tentative ratée de nous infiltrer dans le beach club, il est impossible d’approcher la tour sauf si nous y allons prendre le thé pour 70€ chacunes (on hésite à faire une cagnotte X) )

Notre journée s’achève au Madinat Jumeirah. Un gros complexe d’hôtels, boutiques et restaurants aux allures de néo-casbah qui contrairement aux malls plus contemporains essaye de recréer un quartier artificiel. Le résultat est plutôt réussi, à bonne échelle, très agréable à parcourir et les berges illuminées offrent un cadre délicieux la nuit tombée.

J+4______ Dans la ville de tous les records, une visite du coté du gigantesque complexe dans le downtown construit par le géant de l’immobilier dubaiote Emaar Properties s’impose. Ici tout est démesure : couvrant une surface de 1,1 millions de m2, regroupant 1200 boutiques et pas moins de 400 restaurants, le Dubaï Mall a été conçu pour ne pas avoir d’égal au monde. Aquarium, patinoire, multiplex, parcs d’attraction, chutes d’eau et bassin d’eau aux fontaines chantantes surdimensionnées, tout est mis en œuvre pour divertir tous les âges et toutes les bourses.

Un temple de la consommation dont il est intéressant de noter sa classification en 2014 en tant que “site touristique” le plus fréquenté au monde (75 millions de visiteurs). Nos musées et monuments historiques, reflets d’une toute autre vision de la culture, ont des cheveux blancs à se faire. 

Au pied du bassin d’eau qui articule les différents programmes (hôtels, résidences, mall, opéra etc.) se dresse celle qu’on ne présente plus : la Burj Khalifa. Pas moins que la tour la plus haute du monde avec ses 828m de haut. 12 000 ouvriers s’y sont affairés pour la construire en seulement 5 ans. Devant initialement mesurer 560m elle a été revue à la hausse en vue de projets concurrents plus élevés. Initialement appelée Burj Dubaï, la crise est passée par là en 2008 et Emaar en difficulté financière décide de la baptiser au nom de son nouveau financeur le Sheik Khalifa bin Zayed Al Nahyane d’Abu d’Abhi qui y investit 10 milliard de dollars. Son plan à trois branches et son étagement progressif en pallier lui confère une grande élégance et légèreté qui n’est pas sans nous rappeler la Trump Tower de Chicago.

Sceptique à notre arrivée au vue de la fréquentation du mall, les heures suivantes nous ont persuadées du contraire, les allées étant noires de monde à 20h. Ville intériorisée, consommation artificialisée, quel avenir pour ce complexe quand le nouveau programme d’Emaar à Dubaï Creek Harbor verra le jour?

Pour terminer, petit coup de cœur pour les spectacles de fontaines ondulant au rythme de la musique et illuminant de mille feux. Un beau spectacle gratuit changeant toutes les demie-heure qui surpasse il est vrai les célèbres fontaines du Bellagio à Vegas.

Actualités, Dubaï

THE H PROJECT REPREND LA ROUTE

23 avril 2017

 

Après les États-Unis et son héritage industriel en 2016, l’équipe de The H Project reprend la route et pose cette fois ses valises dans des villes plus récentes, construites sous les aires du tourisme et de la finance. De nouveaux programmes de bâtiments en découlent : hôtel, club house, malls et tours de bureaux. Enfantées par la mondialisation, ces villes mêlent cultures d’expatriés et cultures locales pour définir une nouvelle identité mondiale.

Cependant, vieilles de quelques dizaines d’années, sont-elles déjà sensibles à l’héritage qu’elles sont en train de façonner ? Et si oui comment le définissent-elles et le considèrent-elles ?

DUBAÏ : UNE DES NOUVELLES PUISSANCES RÉGIONALES DU GOLFE
Dans les années 60-70, on assiste à l’émergence de la péninsule arabique et des états pétroliers se définissant comme les nouvelles puissances régionales. Elles se placent en opposition aux anciens centres incarnés par Le Caire, Beyrouth ou encore Damas. Ouvertes sur le monde, partisanes des hautes technologiques, une partie de ces puissances est désormais dirigée par une nouvelle génération prônant une arabité laïque transnationale, puissante par ses idées progressistes et intellectuelles.
Dans ce choc des époques, l’architecture sert d’outil de médiation pour réconcilier ultra modernité et tradition religieuse. Aussi fera-t-elle appel dans un premier temps à la délicatesse de l’architecture japonaise respectueuse des traditions (ex : aéroport de Dhahran – M. Yamasaki), avant que les marchés mondiaux ne s’étendent aux Amériques (ex : Banque commerciale Nationale de Djeddah SOM).

Dubaï est le symbole de la ville consumériste. Engendrées par la mondialisation, la société de consommation et la mégalomanie générée par le pétrodollar sont et représentent une période clé de l’histoire mondiale. Il en est de même pour son architecture. Produit de consommation à grande échelle, toujours plus haute, toujours plus high-tech, toujours plus chère, qu’advient-il de ces constructions quand celles-ci sont devancées par un nouveau record ou un nouveau « modèle » ? Dans une ville où l’architecture est vouée à être éphémère y-a-t-il une véritable volonté (nécessité ?) de conservation ?

Martin Becka propose dans son travail « réappropriation d’un passé fantasmé » une archéologie du présent de la ville de Dubaï. Ses clichés, utilisant un procédé des débuts de la photographie et immortalisant la ville aujourd’hui, cherchent à contempler le présent dans l’œil du futur. Comme si une perte de l’identité du lieu et de l’époque opérait dans cette ville. Vitrine, ses architectures de façade à l’image de sa volonté de « paraître » au monde entier, se détachent de leur contenu. Le lien entre l’enveloppe du bâtiment et son programme se brouille, l’image que cherche à refléter la ville s’efface de sa réalité vécue.
L’architecture peut-elle alors exister indépendamment du lieu et de son programme ? Et si l’héritage de la ville résidait dans son contenu ? Que renferme la face cachée de l’architecture de Dubaï ?

Dubaï / Hong Kong —-> 2 X 2 mois = c’est parti !

Actualités

PREMIÈRE BALADE URBAINE – Sur les traces du patrimoine XXème Marseillais

21 avril 2017

Bibliothèque universitaire Marseille Saint-Charles / F. Pouillon & R. Egger / 1958

A l’issu de la conférence du jeudi 16 Mars à l’ENSA Marseille, nous avions invité les étudiants à participer à une balade urbaine au cœur de Marseille le samedi suivant.

L’idée de la balade est de parcourir la ville à la rencontre d’architectures emblématiques du XXème siècle. Suivant un parcours ponctué préparé par nos soins, les étudiants découvrent ou redécouvrent des exemples concrets de l’héritage de la Cité phocéenne et leurs enjeux dans la ville d’aujourd’hui. A l’image de la pluralité de la production récente, un choix éclectique de bâtiments a été opéré : certains sont classés aux Monuments Historiques, d’autres portent le label XXème, et d’autres ne font l’objet d’aucune nomination.

La balade est un excellent moyen de partager à un public large une vision urbaine et conceptuelle de l’architecture. L’atout de ce type de médiation est l’expérimentation du bâtiment dans la ville. Après un topo historique, le visiteur peut se confronter directement au bâtiment, le tester et se faire son propre avis.

Le public, restreint à un petit groupe de 10 à 20 personnes, est d’abord amené à contextualiser chaque construction en étudiant sa place et son rapport à la ville, à ses environs proches. Si cela est possible, il est ensuite invité à parcourir l’intérieur du bâtiment, pouvant ainsi expérimenter les différents espaces (hall d’accueil, logements, bureaux, commerces etc.), les circulations, les systèmes d’éclairage, et comprendre leurs articulations et la logique d’ensemble du bâti. Enfin les matériaux, les systèmes constructifs et leurs évolutions dans le temps sont mis à nus sous nos yeux et sont des détails qui ne peuvent être appréciés qu’en vrai.

A Marseille, le centre historique comporte de nombreuses constructions XXème, accueillant notamment après guerre plusieurs grands programmes de relogement. Notre parcours, suivant involontairement une temporalité plus ou moins croissante, commence par un bâtiment symbolique : l’Opéra de Marseille. Avec l’Opéra de Mexico, ils sont les deux seuls opéras de style Art Déco au monde. Une particularité rare qui lui a valut son inscription aux monuments historiques.

Vue de l’Opéra depuis la rue Molière / H. Ebrard – G. Castel & G. Raymond / 1787-1921 – Centre téléphonique / E. Chirié / Lully 1952

Intérieur de l’ancienne Compagnie Algérienne de Banque / H. Ebrard / 1919

Vient ensuite non loin de là l’ancien centre téléphonique de la rue Lully puis deux anciennes banques internationales du début du siècle converties en magasins de vêtements. Leurs architectures travaillées et imposantes témoignent d’un tout autre passé de la finance. En continuant sur la Canebière et le cours Belsunce ce sont deux programmes de logements construits à 8ans d’intervalle qui se succèdent : le célèbre Building de Fernand Pouillon et les très controversées Tours Labourdette. Les habitants du premier nous ont ouvert leurs portes nous permettant de comprendre l’agencement initial et aujourd’hui réaménagé des logements, d’en apprécier la vue et de connaître quelques anecdotes. La balade urbaine c’est aussi des rencontres inattendues et de belles surprises !

Façade sur la Canebière du Building / F. Pouillon et autres / 1952

Logements en gradin du Building avec en arrière plan une des tours de logements

Notre chemin se prolonge en direction du 3ème arrondissement, s’arrêtant sur plusieurs opérations publiques s’essayant à la réhabilitation pour la faculté d’économie, ou à la rénovation pour les bureaux de l’hôtel de la région. On admire l’architecture art déco de la bourse du travail avant de se voir refuser l’entrée (fermeture imminente) de la bibliothèque universitaire dessinée par Fernand Pouillon en 1958.

La bourse du travail Bourse du travail / E. Senès / 1936 – Un des tours Labourdette / R. Boileau & J. Henri-Labourdette / 1960

Les programmes qui suivent sont assez éclectiques tant dans leurs styles que dans leurs évolutions dans le temps. L’immeuble Le Marceau témoigne de l’avancée du secteur résidentiel sur l’industrie. Construit dans les années 60 et très bien conservé, il parade dignement au milieu des logements XXIème qui ont tristement perdu en qualité, en ouverture et en espace.

L’immeuble de logements Le Marceau / C. Gros / 1964

L’excellente reconversion de l’usine de l’îlot M5 en logements révèle un certain respect du passé industriel du quartier tout en détail et finesse. Enfin les dernières opérations sont pour certaines attribuées à Gaston Castel célèbre architecte art nouveau de la ville. L’ancien siège de la compagnie générale transatlantique en fait partie et clôture cette balade en questionnant les limites de la réhabilitation au profit de l’investissement financier.

Perspective depuis la rue Mazenod avec en fond la cathédrale de la Major (XIXème) et à droite la façade de l’ancien immeuble de la Compagnie Transatlantique / G. Castel /  1925

En somme une belle première expérience de balade urbaine avec un bon petit groupe de 12 personnes. Des étudiants mais aussi une personne travaillant dans le tourisme qui démontre que ce type de médiation est accessible à tous. Cela nous encourage à renouveler l’évènement à notre retour de deuxième étape probablement à Bordeaux cette fois-ci et ouvert à tous. Rendez-vous aux journées européennes du patrimoine !

Photo de groupe devant l’Opéra de Marseille.

Pour aller plus loin : Architectures à Marseille 1900-2013 – Thierry Durousseau

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CYCLE DE CONFERENCES INTER-ETAPES – MàJ le 23.03.17

30 janvier 2017

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Depuis le mois de Janvier, en parallèle de nous préparer à la prochaine étape, nous travaillons à partager au plus grand nombre notre recherche menée aux États-Unis sur l’héritage industriel du XXème siècle dans les ville de Los Angeles et Détroit. En partenariat avec les Écoles Nationales Supérieures d’Architecture et les associations étudiantes nous avons engagé un cycle de conférences dans les écoles et des interventions lors de Workshop étudiant.

La conférence aborde le sujet sous deux angles : faire état de la prise de conscience des États-Unis de leur héritage jusqu’à leurs démarches de conservation (inventaire des outils et organismes), et exposer l’industrie cinématographique à Los Angeles et l’industrie automobile à Détroit en analysant aux travers d’exemples concrets la mise en valeur et le réemploi de ce patrimoine face aux enjeux socio-économique de chacune des villes.

S’adressant en partie à un public étudiant, c’est également l’occasion de partager notre parcours professionnel et d’expliquer notre choix d’exercer notre métier différemment. Cela dans l’idée de rendre compte aux étudiants de la diversité de la profession et des options qui s’offrent à eux à la sortie des études.

Quelques dates à ce jour :

  • Vendredi 3 février 19h à l’ENSA de la Réunion
  • Du 6 au 10 février durant le Workshop Versopolis à l’ENSA de Bretagne à Rennes
  • Jeudi 16 mars à 18h30 à l’ENSA Marseille
  • Jeudi 30 mars à 12h30 à l’ENSAP Bordeaux

Nous espérons vous voir nombreux à ces événements pour partager et discuter avec vous du patrimoine XXème et de son avenir. Vous êtes les bienvenus!

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NOS VŒUX POUR 2017 !

9 janvier 2017

Si 2015 était l’année de lancement du projet, 2016 fut bel et bien l’année de l’action avec notre premier grand saut aux États-Unis et notre première enquête de terrain. A présent, 2017 s’annonce comme l’année de la maturité avec notre deuxième et ultime départ pour le Moyen-Orient et l’Asie! That’s right Babe, nous y travaillons dur et prévoyons de repartir sur les routes au printemps! Plus de vidéos en direct, plus d’actualités à vif, mais toujours autant d’interviews, de rencontres, de partage et de réflexion sur l’avenir du patrimoine XXème confronté aux villes consuméristes.

Notre recette pour vos projets en 2017 : une bonne dose de détermination, un soupçon de courage et une larme de rêve et d’utopie. Le tout mûri en fût de chêne et surtout à partager à plusieurs! Et n’oubliez pas : Ce que l’on fait dans sa vie, résonne dans l’éternité.


BONNE ANNÉE 2017 !


voeux2017